« Que son jeune fils, innocent de toute faute, avait été par lui banni de la ville, du logis, du sein des pénates, privé du Forum, de la lumière, du commerce de ses amis, condamné à des travaux serviles, presque au fond d'une prison et d'un cachot d'esclaves. Là, ce jeune homme venu de si haut lieu, ce fils de dictateur apprenait, par un supplice de chaque jour, qu'il était né d'un père vraiment impérieux. Et quel est son crime ? il a peu de faconde et d'aisance à parler. Mais ce vice de la nature, un père (s'il y avait âme d'homme en lui) ne devrait-il pas le cacher en son sein, au lieu de le punir et de le mettre en évidence par ses persécutions ? Toutes muettes qu'elles sont, les bêtes elles-mêmes ne choient, ne chérissent pas moins ceux de leurs petits qui sont moins bien venus. Mais, par Hercule, L. Manlius accroît le mal par le mal, il alourdit encore cet esprit paresseux ; et, s'il reste en ce fils un peu de vigueur naturelle, il va l'éteindre par cette vie sauvage, ces habitudes rustiques, ce séjour au milieu des troupeaux. »